Coma éthylique : symptômes, dangers et prise en charge

janvier 30, 2026

Coma éthylique : symptômes, dangers et prise en charge

L’article en bref

Points essentiels Informations détaillées
Définition du coma éthylique Perte totale de conscience après intoxication alcoolique massive, urgence vitale immédiate
Ampleur du problème Plus de 90 000 hospitalisations par an en France pour intoxication alcoolique
Signes d’alerte critiques Absence de réaction, respiration irrégulière, peau bleutée et froide au toucher
Taux dangereux Au-delà de 3 g/l d’alcoolémie, risque de coma avec danger mortel
Gestes qui sauvent Appeler le 15 immédiatement, mettre en position latérale de sécurité
Idées reçues dangereuses Ne jamais mettre sous douche froide ni faire vomir une personne inconsciente

Le coma éthylique, c’est quand une personne perd totalement conscience après avoir bu trop d’alcool, au point de ne plus réagir aux stimulations extérieures, même douloureuses. Cette intoxication alcoolique aiguë représente une urgence vitale qui nécessite d’appeler les secours immédiatement. Contrairement au simple sommeil alcoolisé, la personne est dans un état critique qui peut mener au décès.

Pourquoi on me pose souvent cette question

Franchement, je reçois cette question au moins trois fois par semaine. Que ce soit un parent flippé après avoir vu son ado rentrer complètement déchiré, ou un jeune qui me demande « mais comment on sait vraiment si c’est grave ? ». La réalité du terrain, c’est que les situations de coma éthylique sont de plus en plus fréquentes chez les 15-25 ans. En 2019, on a recensé plus de 90 000 séjours hospitaliers pour intoxication alcoolique aiguë en France. Tu vois le truc ? C’est énorme.

Le problème, c’est qu’on banalise complètement l’alcool dans notre société. On dit « il cuve » alors que parfois, la personne est vraiment en danger de mort. Dans les lycées où j’interviens, beaucoup de jeunes pensent que c’est juste une étape normale de la soirée. Sauf que non. L’alcool est responsable d’une mort sur quatre chez les 15-34 ans. Ça devrait nous faire réfléchir collectivement sur comment on gère nos soirées et comment on prend soin les uns des autres.

Une intervention qui m’a marquée à vie

Cette nuit où tout aurait pu basculer

Je me souviens d’une soirée d’été il y a trois ans. J’étais de permanence dans un foyer quand on m’a appelée pour une fête qui tournait mal. En arrivant, j’ai trouvé Clara, 16 ans, allongée sur le dos dans l’herbe. Ses copines riaient encore autour d’elle, certaines la filmaient même. Elle ne réagissait plus du tout, sa respiration était super irrégulière, et sa peau était bleutée et froide. J’ai immédiatement appelé le 15 en la mettant en position latérale de sécurité.

Pendant qu’on attendait les secours, elle a commencé à vomir. Si elle était restée sur le dos, elle serait probablement morte étouffée cette nuit-là. Les pompiers m’ont dit qu’elle avait un taux d’alcoolémie à 3,2 g/l. Pour te donner une idée, c’est l’équivalent d’une demi-bouteille de vodka ingérée en moins d’une heure. Clara avait fait un sevrage alcoolique plus tard, parce que cet épisode l’avait vraiment secouée. Mais sur le moment, personne autour d’elle ne réalisait la gravité.

Ce que j’ai compris cette nuit-là

Cette intervention m’a fait réaliser deux trucs essentiels. D’abord, que la frontière entre « il dort » et « il est en danger de mort » est invisible pour quelqu’un qui a bu. Ensuite, que nos réflexes de filmage et de banalisation peuvent tuer. Les copines de Clara pensaient sincèrement que c’était drôle. Elles ne voyaient pas qu’elle était en train de mourir devant elles. Depuis, j’insiste toujours sur ce point dans mes interventions : une personne inconsciente après avoir bu, c’est toujours une urgence.

Comment l’alcool met ton corps et ton cerveau en danger

Concrètement, voici ce qui se passe dans ton organisme quand tu ingères une quantité massive d’alcool. L’alcool agit comme un dépresseur du système nerveux central. Il facilite l’action du GABA, qui ralentit ton cerveau, et bloque le glutamate, qui l’excite normalement. Résultat : ton cerveau fonctionne au ralenti, puis carrément s’arrête de gérer les fonctions vitales comme la respiration ou le rythme cardiaque.

Plus précisément, l’intoxication alcoolique aiguë évolue en quatre stades. Au stade 1, entre 0,5 et 0,7 g/l, tu perds en concentration sans t’en rendre compte. Au stade 2, entre 0,7 et 1,5 g/l, tu deviens euphorique et désinhibé. Au stade 3, entre 1,5 et 3 g/l, tu vomis, tu tiens plus debout, tes propos sont incohérents. Et au stade 4, au-delà de 3 g/l, c’est le coma éthylique avec tous ses dangers mortels.

Taux d’alcoolémie Stade Symptômes principaux
0,5 à 0,7 g/l Stade 1 Baisse discrète de concentration
0,7 à 1,5 g/l Stade 2 Euphorie, désinhibition
1,5 à 3 g/l Stade 3 Vomissements, troubles de l’équilibre
Plus de 3 g/l Stade 4 Perte de conscience, risque vital

Le truc vicieux, c’est que ton corps met environ une heure pour éliminer un verre standard d’alcool. Si tu bois plus vite que ça, l’alcool s’accumule dans ton sang et atteint des taux dangereux. C’est exactement ce qui se passe avec le binge drinking, cette pratique ultra-risquée qui consiste à boire rapidement pour atteindre l’ivresse. Ton organisme n’a aucune chance de s’adapter.

Les vrais signes qui doivent te faire réagir

Alors comment tu fais la différence entre quelqu’un qui dort et quelqu’un en coma éthylique ? Voici les signes d’alerte absolus qui nécessitent d’appeler le 15 ou le 112 immédiatement :

  • La personne ne réagit pas quand tu lui parles fort ou que tu la secoues légèrement
  • Sa respiration est irrégulière, trop lente ou bruyante avec des pauses
  • Sa peau est pâle, bleutée, froide et moite au toucher
  • Elle vomit en étant inconsciente ou semi-consciente
  • Tu n’arrives pas à la réveiller même en la stimulant

Avant d’arriver au coma complet, tu peux aussi repérer des signes avant-coureurs. La personne tient des propos complètement incohérents, elle n’arrive plus à coordonner ses gestes, elle devient très agitée ou au contraire somnolente de manière inquiétante. Elle peut vomir plusieurs fois, perdre l’équilibre constamment, avoir les pupilles anormalement dilatées. Si tu vois ces signes, reste avec elle et surveille-la de près.

La grande différence avec le sommeil normal, c’est qu’une personne endormie réagit quand tu l’appelles ou la secoues doucement. Elle a une respiration régulière et une température corporelle normale. En cas de coma éthylique, c’est l’absence totale de réponse qui doit t’alerter. Les réflexes naturels disparaissent complètement. Cette personne ne peut plus protéger ses voies aériennes, ce qui signifie qu’elle risque de s’étouffer avec son propre vomi.

Idées reçues versus réalité médicale

« Il faut le mettre sous la douche froide » : faux et dangereux. Ça peut provoquer un choc thermique. « Il faut le faire vomir » : non, jamais, surtout pas si la personne est inconsciente. Elle risque de s’étouffer. « Il faut lui faire boire du café » : ça ne sert strictement à rien pour éliminer l’alcool, et ça peut aggraver la déshydratation.

Ce que je constate sur le terrain, c’est que beaucoup pensent encore qu’une personne habituée à boire ne risque rien. C’est complètement faux. Certes, les buveurs réguliers tolèrent mieux l’alcool à court terme, mais ils ne sont absolument pas épargnés par les effets toxiques et le risque de coma éthylique existe toujours. Une personne alcoolique peut être consciente avec 2 g/l quand une autre tombera dans le coma, mais au-delà de 5 g/l, tout le monde est en danger de mort.

Autre idée reçue : « les femmes tiennent aussi bien l’alcool que les hommes ». En réalité, les femmes atteignent plus rapidement une alcoolémie élevée à quantité égale, car elles ont généralement une masse corporelle moindre et une masse graisseuse plus importante. Leur métabolisme de l’alcool est aussi différent. Elles sont donc plus vulnérables aux intoxications aiguës et aux trous noirs, ces pertes de mémoire brutales qui surviennent après avoir bu trop rapidement.

Que faire concrètement si tu es confronté à cette situation

Si tu te retrouves face à quelqu’un d’inconscient après avoir bu, voici les gestes qui sauvent dans l’ordre de priorité :

  1. Appelle immédiatement les secours : 15, 18 ou 112, même si tu as peur des conséquences
  2. Vérifie que la personne respire en observant son thorax qui se soulève
  3. Mets-la en position latérale de sécurité pour éviter l’étouffement en cas de vomissement
  4. Ne la laisse jamais seule et surveille sa respiration constamment
  5. Essaie d’estimer ce qu’elle a bu pour le dire aux secours
  6. Réchauffe-la avec une couverture ou un manteau pour éviter l’hypothermie

Pour la position latérale de sécurité, voici comment faire : tu positionnes sa main gauche sous sa tête, tu replies sa jambe droite, puis tu bascules doucement son corps sur le côté gauche. Sa bouche doit être orientée vers le sol pour que les vomissements puissent s’écouler. C’est vraiment le geste qui peut faire la différence entre la vie et la mort.

Et n’oublie jamais : tu es légalement tenu d’aider une personne en danger. Ne pas appeler les secours, c’est de la non-assistance à personne en danger. Si quelqu’un décède d’un coma éthylique alors que tu étais présent et n’as rien fait, tu risques des poursuites pénales. Je sais que parfois on a peur de la réaction des parents, de la police, mais crois-moi, la vie d’une personne vaut toujours plus qu’une soirée gâchée ou une engueulade. Comme pour arrêter de fumer, prendre soin de sa santé demande parfois des décisions difficiles mais nécessaires.

Ce que j’ai retenu après dix ans de prévention

Après toutes ces années à intervenir dans les lycées, les foyers et les hôpitaux, je retiens surtout une chose : personne ne pense que ça va lui arriver. Pourtant, j’ai vu des gamins de 14 ans en réanimation, des étudiants brillants perdre la vie bêtement lors d’une soirée d’intégration, des parents effondrés qui ne comprennent pas comment c’est possible.

Le coma éthylique, ce n’est pas une légende urbaine ni un truc qui arrive qu’aux autres. C’est une réalité médicale concrète qui touche des milliers de personnes chaque année en France. La bonne nouvelle, c’est que c’est totalement évitable. Il suffit de boire moins vite, de manger avant et pendant, d’alterner avec de l’eau, et surtout de surveiller ses potes en soirée.

Ce que je veux que tu retiennes, c’est que l’alcool n’est pas ton ennemi, mais la façon dont on le consomme peut l’être. Tu peux t’amuser sans te mettre en danger. Et si tu vois quelqu’un qui va mal, ne filme pas, n’hésite pas, agis. Appelle les secours. Tu peux littéralement sauver une vie.

Cet article est à visée informative et préventive. En cas de doute, de malaise ou de situation d’urgence, consulte immédiatement un professionnel de santé ou appelle les secours au 15 ou 112.

Maxime

Article rédigé par maxime

Je m'appelle Maxime, j'ai 25 ans. Mon objectif ? Prévenir les risques liés aux addictions et aider ceux qui veulent s’en sortir. Chaque jour, j’échange avec des jeunes pour déconstruire les idées reçues sur la drogue et proposer des alternatives saines. Mon approche est simple : écoute, bienveillance et solutions concrètes.

Laisser un commentaire