Bigorexique : définition, symptômes et solutions

février 8, 2026

Bigorexique : définition, symptômes et solutions

L’article en bref

Points clés Précisions essentielles
Définition de la bigorexie Addiction au sport reconnue comme maladie par l’OMS depuis 2011
Mécanisme d’addiction Libération d’endorphines et dopamine créant une dépendance physique et psychologique
Signes d’alerte Sport prioritaire, culpabilité si séance manquée, isolement social, poursuite malgré blessures
Conséquences physiques Tendinites chroniques, fractures de fatigue, troubles cardiaques et menstruels possibles
Impacts psychologiques Anxiété, dépression, idées suicidaires lors d’arrêt forcé du sport
Solutions et prise en charge Consulter un addictologue ou psychologue, fixer des limites, travailler l’estime de soi

La bigorexie, c’est une addiction au sport. Tu as bien lu. Oui, le sport peut rendre dépendant, au même titre que d’autres substances ou comportements. Je m’appelle Tom, je bosse en prévention depuis bientôt dix ans, et je te promets que ce sujet me revient régulièrement en consultation. Pas juste chez les athlètes de haut niveau, mais aussi chez des lycéens, des jeunes adultes qui squattent les salles de muscu ou qui enchaînent les footings comme si leur vie en dépendait. Littéralement.

Pourquoi cette question revient de plus en plus

Franchement, l’addiction au sport n’est pas un délire récent. Déjà dans les années 70, des médecins ont identifié ce phénomène. Mais aujourd’hui, avec l’explosion des réseaux sociaux, des influenceurs fitness et des challenges débiles sur TikTok ou Instagram, on voit le nombre de cas exploser. Pas de chiffres officiels précis en France, mais tous mes collègues addictologues te le diront : ça monte, et ça touche de plus en plus jeune.

Le truc, c’est que le sport est valorisé socialement. Personne ne va te reprocher de trop courir ou de trop soulever de la fonte. Au contraire, on va t’applaudir, te féliciter pour ta motivation. Résultat ? La personne bigorexique se cache derrière une image ultra-saine, alors qu’en réalité, elle va très mal. C’est ça le piège.

En 2011, l’OMS et le Comité Olympique International ont reconnu la bigorexie comme une maladie. Depuis, on commence à en parler, mais doucement. Trop doucement à mon goût. Parce que dans les lycées, dans les centres de loisirs, dans les salles de sport, je vois encore trop de jeunes qui basculent sans que personne ne capte les signaux.

Ce que j’ai vu sur le terrain

Une situation qui m’a marqué

Je me souviens d’un gars, appelons-le Lucas, 22 ans. Il venait me voir parce que sa copine l’avait poussé à consulter. Lucas faisait trois heures de sport par jour, minimum. Tous les jours. Sans exception. Pas de repos, pas de vacances, pas de soirées entre potes. Il s’organisait tout autour de ses entraînements : son boulot, ses repas, son sommeil. Quand je lui ai demandé ce qui se passait s’il ratait une séance, il m’a regardé droit dans les yeux et il m’a dit : « Je pète un câble. Je culpabilise grave, je me sens nul, j’ai l’impression d’être un déchet. »

Ce qui m’a vraiment frappé, c’est qu’il ne voyait pas le problème. Pour lui, c’était de la discipline, de la volonté. Il se comparait aux champions qu’il suivait sur YouTube. Il ne comprenait pas pourquoi sa copine s’inquiétait. Pourtant, il avait des tendinites chroniques, il dormait mal, il était irritable, et il commençait à louper des journées de taf parce qu’il était trop crevé.

Ce que j’ai compris à ce moment-là

Lucas m’a fait réaliser un truc essentiel : la bigorexie se cache derrière une façade de santé. Le gars mange équilibré, fait du sport, a un corps sculpté. Mais en vrai, il est en souffrance. Son cerveau est en roue libre, accro aux endorphines et à la dopamine que le sport lui procure. Et comme tout bon addict, plus il en fait, plus il lui en faut pour ressentir le même bien-être.

Ce jour-là, j’ai aussi compris que parler d’addiction au sport, ça dérange. Parce que ça remet en question un truc considéré comme sain et positif. Alors on préfère fermer les yeux, ou se dire que la personne est juste « motivée ». Mais non. Parfois, c’est juste malade.

Comment ça fonctionne concrètement

Bon, parlons chimie du cerveau, mais version simple. Quand tu fais du sport, ton corps libère des hormones du plaisir et du bien-être : endorphines, dopamine, sérotonine, adrénaline, et même des endocannabinoïdes (ouais, des molécules proches du cannabis, carrément). Ces substances sont multipliées par cinq au bout de 30 minutes d’effort. Résultat ? Tu te sens apaisé, euphorique, presque invincible.

Le problème, c’est que le cerveau adore ça. Il en redemande. Plus tu en fais, plus ton seuil de tolérance augmente. Ce qui veut dire que pour ressentir la même sensation de bien-être, tu vas devoir forcer plus, t’entraîner plus souvent, plus intensément. Et si tu arrêtes brutalement, tu ressens un manque. Anxiété, irritabilité, troubles du sommeil, état dépressif… exactement comme lors d’un sevrage de drogue.

Mais attention, la bigorexie n’est pas qu’une question de chimie. C’est aussi psychologique. Beaucoup de personnes bigorexiques ont des traits de perfectionnisme, des troubles de l’image corporelle, ou un manque d’estime de soi. Le sport devient alors un moyen de contrôle, de compensation, voire de fuite face à un mal-être plus profond.

Hormone Effet sur le corps et l’esprit
Endorphines Réduction de la douleur, sensation de confort
Dopamine Plaisir, motivation, contrôle
Sérotonine Régulation de l’humeur, attachement, passion
Adrénaline Soutien de l’effort, gestion du stress
Endocannabinoïdes Sensation de détente et de satisfaction

Les signes qui doivent alerter

Reconnaître les symptômes de la bigorexie, c’est pas toujours évident. Mais voici ce que je te conseille de surveiller chez toi ou chez un proche :

  • Le sport devient prioritaire : toutes les journées s’organisent autour de l’entraînement. Les sorties, les repas, le sommeil, tout passe après.
  • Culpabilité et irritabilité : si une séance est annulée, la personne se sent mal, coupable, ou devient agressive.
  • Isolement social : refus de voir des amis ou la famille pour ne pas louper un entraînement ou être trop fatigué.
  • Continuation malgré les blessures : tendinites, fractures de fatigue, douleurs chroniques… mais rien n’arrête la personne. Pire, elle prend des antalgiques avant l’effort.
  • Obsession des performances ou du poids : tout est mesuré, contrôlé, ritualisé.
  • État dépressif ou anxieux si le sport est impossible.

Si tu coches plusieurs cases, ce n’est pas de la discipline, c’est une dépendance. Et ça mérite d’en parler à un professionnel.

Les dangers réels sur la santé

Là, je vais être cash : la bigorexie peut te détruire le corps et l’esprit. Physiquement, on parle de tendinites à répétition, déchirures musculaires, fractures de fatigue, troubles cardiaques. Chez les femmes, ça peut aller jusqu’aux troubles menstruels, problèmes de fertilité, voire des risques pendant la grossesse.

Mentalement, c’est pas mieux. Troubles anxio-dépressifs, idées suicidaires, incapacité à vivre normalement. J’ai vu des jeunes lâcher leurs études, perdre leur boulot, se couper de tout parce que le sport avait bouffé leur vie. Et parfois, lorsque la blessure arrive et force l’arrêt, c’est le drame. Comme pour toute addiction, le sevrage brutal peut être violent, voire dangereux.

Il existe aussi un lien entre bigorexie et dépression post opératoire, notamment quand un athlète doit subir une intervention chirurgicale suite à une blessure. L’arrêt forcé de l’activité sportive peut déclencher ou aggraver un état dépressif.

Ce que tu peux faire si tu es concerné

Déjà, bravo d’avoir lu jusqu’ici. Ça veut dire que tu te poses des questions, et c’est le premier pas. Voici ce que je te conseille :

  1. Reconnais le problème : si tu te reconnais dans les symptômes, ne minimise pas. Parle-en à un proche de confiance.
  2. Consulte un professionnel : addictologue, psychologue, médecin du sport. Ils sont là pour ça, sans jugement.
  3. Ne vise pas l’abstinence totale : l’objectif n’est pas d’arrêter le sport, mais de retrouver un équilibre sain.
  4. Fixe-toi des limites : intègre des jours de repos, varie les activités, fais autre chose (ciné, sorties, lecture…).
  5. Travaille sur ton estime de toi : souvent, la bigorexie cache un mal-être plus profond. Des thérapies comportementales peuvent vraiment aider.

Dans certains cas, un traitement médicamenteux (antidépresseurs) peut être proposé pour rééquilibrer les circuits cérébraux du stress et de la récompense. Certains témoignages, comme ceux partagés dans des parcours de rétablissement après sismothérapie, montrent que des prises en charge adaptées peuvent vraiment faire la différence.

Ce que je retiens après toutes ces années

Après dix ans à écouter, accompagner, prévenir, je retiens un truc simple : le sport, c’est génial, mais tout est question de dosage. Si ta vie tourne uniquement autour de ça, si tu te sens mal sans, si tes proches s’inquiètent, c’est le moment de te poser. T’es pas faible, t’es pas nul. T’es juste humain.

La bigorexie n’est pas une fatalité. Elle se soigne, se régule, se surmonte. Mais faut en parler, faut accepter de demander de l’aide. Et surtout, faut arrêter de croire que le sport est toujours bon pour la santé. Parfois, c’est l’inverse.

Si t’as besoin d’en discuter, si tu te sens perdu, n’hésite pas à aller voir un professionnel ou à contacter une ligne d’écoute comme Drogues info service (0 800 23 13 13, gratuit et anonyme). T’es pas seul.

Cet article est à visée informative. En cas de doute, de malaise ou de souffrance, consulte un professionnel de santé ou un centre d’accompagnement.

Maxime

Article rédigé par maxime

Je m'appelle Maxime, j'ai 25 ans. Mon objectif ? Prévenir les risques liés aux addictions et aider ceux qui veulent s’en sortir. Chaque jour, j’échange avec des jeunes pour déconstruire les idées reçues sur la drogue et proposer des alternatives saines. Mon approche est simple : écoute, bienveillance et solutions concrètes.

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