Syndrome de Korsakoff : symptômes, causes et traitements

février 2, 2026

Syndrome de Korsakoff : symptômes, causes et traitements

L’article en bref

Points clés Détails essentiels
Origine de la maladie Démence provoquée par une carence chronique en vitamine B1 liée à l’alcool
Symptômes caractéristiques Amnésie antérograde, confabulation et absence de conscience du trouble
Diagnostic et prévalence Touche jusqu’à 14% des alcooliques, 80% des cas non diagnostiqués
Évolution de la pathologie Débute par l’encéphalopathie de Wernicke puis devient irréversible à 80%
Traitement possible Administration de vitamine B1 et sevrage alcoolique total indispensable
Prévention essentielle Détecter tôt la carence et intervenir avant les lésions définitives

Écoute, je vais être cash avec toi : le syndrome de Korsakoff, c’est une forme sévère de démence provoquée par une carence chronique en vitamine B1, et dans 9 cas sur 10, c’est l’alcool qui en est responsable. Je sais que ça sonne brutal, mais c’est la réalité que je vois depuis des années sur le terrain. Quand j’interviens en milieu hospitalier ou que j’accompagne des familles, cette pathologie reste l’une des plus déchirantes. Pourquoi ? Parce qu’elle est souvent évitable, mais qu’on arrive trop tard.

Ce qui me bouleverse le plus, c’est que les personnes atteintes ne se souviennent même plus qu’elles oublient. Leur mémoire à court terme s’efface au fur et à mesure, comme si chaque instant disparaissait dans un brouillard permanent. Tu imagines ne plus pouvoir te rappeler ce que tu as mangé il y a dix minutes, ou répéter la même question toutes les cinq secondes sans même t’en rendre compte ? C’est ça, le quotidien d’un malade de Korsakoff.

Pourquoi j’entends parler du syndrome de Korsakoff de plus en plus souvent

Franchement, si tu tapes « syndrome de Korsakoff » sur Google, c’est probablement parce que toi ou quelqu’un de ton entourage est concerné de près ou de loin par l’alcoolisme. Cette pathologie reste encore méconnue du grand public, mais elle touche environ 1 à 2% de la population générale, et jusqu’à 14% des personnes ayant un trouble de l’usage d’alcool. Oui, tu as bien lu : presque une personne sur dix qui boit de façon problématique risque de développer cette démence si rien n’est fait.

Ce qui m’inquiète, c’est que 80% des cas ne sont pas diagnostiqués à temps. Pourquoi ? Parce que les symptômes sont souvent masqués par l’ivresse, le sevrage ou d’autres complications. Du coup, on passe à côté d’un dépistage précoce, et quand on détecte enfin la maladie, il est souvent trop tard pour revenir en arrière. Les lésions cérébrales sont déjà installées, irréversibles.

Je me souviens d’une intervention dans un foyer d’accueil où j’ai rencontré un homme de 52 ans. Il était là depuis six mois, complètement désorienté. Chaque matin, il demandait où était sa femme, persuadé qu’elle allait venir le chercher. Sauf qu’elle était décédée trois ans plus tôt. Chaque jour, on lui réexpliquait la nouvelle, et chaque jour, il la vivait comme si c’était la première fois. C’est une violence inouïe, pour lui comme pour l’équipe soignante. Ce jour-là, j’ai compris que cette maladie ne détruit pas seulement la mémoire : elle détruit aussi la possibilité de faire son deuil, d’avancer, de guérir psychologiquement.

Comment ça se passe concrètement dans le cerveau

Pour que tu comprennes bien, il faut parler de la vitamine B1, aussi appelée thiamine. C’est une vitamine essentielle qui permet au cerveau de transformer le glucose en énergie. Sans elle, les neurones s’éteignent progressivement, surtout dans les zones liées à la mémoire comme le thalamus et l’hypothalamus. Or, l’alcool bloque l’absorption de cette vitamine. Résultat : si tu bois beaucoup et longtemps, ton cerveau se met littéralement en mode famine énergétique.

La première étape, c’est l’encéphalopathie de Wernicke, une phase aiguë qui se manifeste par de la confusion, des troubles de l’équilibre et des mouvements oculaires anormaux. Si tu traites vite avec de la vitamine B1 en intraveineuse, tu peux éviter le pire. Mais si rien n’est fait, 80% des cas évoluent vers le syndrome de Korsakoff, la phase chronique où les lésions deviennent définitives.

Ce qui est dingue, c’est que cette vitamine B1 injectable n’est même pas remboursée en France dans ce contexte, car elle n’a pas d’autorisation de mise sur le marché pour cette indication. Du coup, beaucoup d’hôpitaux hésitent à l’utiliser systématiquement, même si elle pourrait sauver des vies cognitives. C’est aberrant quand on sait que le sevrage alcoolique ambulatoire avec un suivi adapté pourrait grandement limiter les risques si on intervient tôt.

Les signes qui doivent vraiment t’alerter

Imagine quelqu’un qui fabule sans mentir. Qui invente des souvenirs pour combler les trous béants de sa mémoire. Qui ne se souvient pas de ce qu’il a dit il y a deux minutes, mais qui peut te raconter des détails précis de son enfance. C’est la confusion totale entre passé et présent, entre vrai et faux.

Voici les principaux symptômes à surveiller :

  • Amnésie antérograde : impossible de retenir de nouvelles informations
  • Amnésie rétrograde partielle : perte de souvenirs récents, mais conservation de souvenirs anciens
  • Confabulation : fabrication involontaire de faux souvenirs
  • Désorientation spatio-temporelle : la personne ne sait plus où elle est ni quel jour on est
  • Troubles du comportement : apathie, répétitions, isolement social
  • Anosognosie : absence totale de conscience du trouble

Ce dernier point est crucial : les malades de Korsakoff ne savent pas qu’ils sont malades. Ils oublient qu’ils oublient. Du coup, impossible de leur faire prendre conscience du problème, ce qui complique énormément la prise en charge et épuise les proches.

Ce qu’on peut faire (ou pas) une fois le diagnostic posé

Je ne vais pas te mentir : il n’existe aucun traitement curatif pour le syndrome de Korsakoff. Une fois les lésions installées, on ne peut pas revenir en arrière. Par contre, on peut stopper la progression de la maladie en agissant sur trois leviers principaux :

Action Objectif Efficacité
Administration de vitamine B1 Corriger la carence et limiter les dégâts Élevée si prise tôt
Sevrage alcoolique total Empêcher la détérioration supplémentaire Indispensable
Réhabilitation cognitive Retrouver des repères et maintenir l’autonomie Variable selon les cas

L’arrêt complet et définitif de l’alcool est non négociable. Sans ça, aucune chance de stabilisation. Mais attention, ce sevrage doit se faire dans un cadre médicalisé, parce que le corps et le cerveau sont déjà très fragilisés. Certains centres spécialisés proposent aussi une rééducation neuropsychologique pour aider les patients à retrouver des routines, à utiliser des aides-mémoire comme des agendas ou des piluliers.

Je pense notamment à des parcours comme ceux que j’ai pu observer dans des centres de soins de suite et de réadaptation en neuro-addictologie. C’est long, c’est dur, mais ça peut redonner un semblant d’autonomie. Parallèlement, des témoignages comme celui du sevrage d’opioïdes montrent qu’avec du soutien et de la méthode, on peut sortir de l’addiction, même quand tout semble perdu.

Ce que je retiens après toutes ces années

Si je devais te laisser avec une seule chose, ce serait celle-ci : le syndrome de Korsakoff est une maladie évitable. Oui, évitable. Si on détecte tôt la carence en vitamine B1, si on intervient dès les premiers signes de Wernicke, si on accompagne les personnes qui ont un problème d’alcool sans jugement et avec des moyens adaptés, on peut éviter cette tragédie.

Mais pour ça, il faut briser le tabou, former les soignants, informer le grand public et surtout, arrêter de considérer l’alcoolisme comme une faiblesse morale. C’est une maladie. Et comme toute maladie, elle se soigne, à condition qu’on s’y prenne à temps.

Alors si toi ou quelqu’un que tu connais boit trop, trop souvent, trop longtemps, ne laisse pas traîner. Parles-en à un médecin, à une association, à un addictologue. Parce que le cerveau, une fois abîmé, ne se répare pas. Et perdre sa mémoire, c’est perdre son histoire, son identité, sa vie.

Cet article est à visée informative. En cas de doute, de malaise ou de souffrance, consulte un professionnel de santé ou un centre d’accompagnement.

Maxime

Article rédigé par maxime

Je m'appelle Maxime, j'ai 25 ans. Mon objectif ? Prévenir les risques liés aux addictions et aider ceux qui veulent s’en sortir. Chaque jour, j’échange avec des jeunes pour déconstruire les idées reçues sur la drogue et proposer des alternatives saines. Mon approche est simple : écoute, bienveillance et solutions concrètes.

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