L’article en bref
| Points clés | Détails essentiels |
|---|---|
| Définition de la bigorexie | Besoin irrépressible de faire du sport de manière excessive et compulsive |
| Prévalence et population touchée | Environ 4% des sportifs concernés, dont 90% d’hommes entre 18-30 ans |
| Mécanisme neurologique | Dépendance aux endorphines et dopamine libérées par l’effort physique |
| Signes d’alerte principaux | Entraînement quotidien obligatoire, irritabilité si séance manquée, isolement social croissant |
| Difficulté de détection | La société valorise cette addiction déguisée en mode de vie sain |
| Solutions et accompagnement | Consulter un addictologue, réduire progressivement, utiliser les thérapies cognitivo-comportementales |
Je m’appelle Clara, j’ai 28 ans et je suis addictologue depuis plusieurs années maintenant. J’ai bossé avec des ados en galère, des adultes en pleine reconstruction, et j’ai vite compris que l’addiction ne se limite pas aux drogues. Aujourd’hui, je vais te parler de la bigorexie, cette dépendance au sport reconnue par l’OMS depuis 2011. Si tu te demandes ce que c’est vraiment, comment la repérer ou comment aider quelqu’un qui en souffre, tu es au bon endroit.
La bigorexie est une addiction comportementale caractérisée par un besoin irrépressible de faire du sport de manière excessive et compulsive, au point que cette pratique envahit toute la vie et génère des conséquences négatives sur la santé physique, mentale et sociale.
Pourquoi on en parle de plus en plus
Honnêtement, quand j’ai commencé à travailler en prévention, la bigorexie était un truc dont personne ne parlait. Aujourd’hui, c’est différent. Les salles de sport explosent, les applis de fitness sont partout, et sur Instagram, les influenceurs te vendent du rêve musclé H24. Résultat : de plus en plus de jeunes se retrouvent piégés dans une spirale où le sport n’est plus un plaisir mais une obsession.
Ce qui me frappe, c’est que la société valorise complètement cette addiction. On te dit bravo si tu cours tous les jours, si tu vas à la salle même malade, si tu postes tes performances. Du coup, les personnes touchées ne se rendent même pas compte qu’elles sont en danger. Pour elles, c’est juste un mode de vie sain. Sauf que non, pas quand tu sacrifies ton boulot, tes potes ou ta santé pour tes séances.
L’INSERM estime qu’environ 4% des sportifs seraient susceptibles de basculer vers cette addiction. Ça peut paraître peu, mais quand tu sais que des milliers de jeunes se mettent au sport chaque année, ça fait du monde. Et 90% des personnes touchées sont des hommes, souvent entre la fin de l’adolescence et la trentaine.
Une situation qui m’a marquée sur le terrain
Je me souviens d’un garçon de 22 ans, appelons-le Lucas. Il m’a été envoyé par son médecin après une fracture de fatigue au pied. Ce gamin faisait du crossfit six jours sur sept, parfois deux fois par jour. Il suivait un régime hyper strict, comptait chaque gramme de protéines, et avait perdu tous ses potes parce qu’il refusait de sortir le soir pour ne pas rater sa séance du lendemain matin.
Quand je lui ai parlé d’addiction, il a rigolé. Pour lui, c’était les autres qui avaient un problème, pas lui. Il était en pleine forme, musclé, discipliné. Sauf qu’il dormait mal, était irritable en permanence, et pleurait quand il devait rester chez lui à cause de sa blessure. Il m’a avoué qu’il prenait du Tramadol avant ses séances pour ne pas sentir la douleur. Un opioïde puissant, tu te rends compte ?
Ce qui m’a le plus marquée, c’est qu’il ne voyait pas le lien entre son mal-être et sa pratique excessive. Il pensait que le sport le sauvait, alors qu’en réalité, ça le détruisait. Ça m’a rappelé que la dépression post opératoire touche parfois les sportifs contraints d’arrêter brutalement leur activité.
Ce que j’ai compris à ce moment-là
Avec Lucas, j’ai capté un truc essentiel : la bigorexie se cache derrière une façade ultra-saine. Contrairement à l’alcool ou au cannabis, personne ne va te dire que tu exagères si tu fais trop de sport. Au contraire, on va te féliciter. C’est pour ça que cette addiction est si vicieuse.
J’ai aussi réalisé que derrière cette obsession, il y avait souvent un vide, un traumatisme ou un besoin de contrôle. Lucas avait vécu un harcèlement scolaire violent à l’adolescence. Le sport lui avait permis de reprendre confiance, de se sentir fort. Mais au lieu de trouver un équilibre, il était tombé dans l’excès.
| Signe observé | Ce que ça cache |
|---|---|
| Entraînement quotidien obligatoire | Peur panique de perdre le contrôle |
| Irritabilité si séance manquée | Syndrome de manque similaire aux drogues |
| Isolement social | Le sport devient la seule source de satisfaction |
| Blessures ignorées | Déni et dépendance physique aux endorphines |
Comment ça fonctionne concrètement
Quand tu fais du sport, ton cerveau libère des endorphines, notamment de la dopamine. C’est ce qui te donne cette sensation de bien-être après une séance. Normal, utile, sain. Mais si tu cherches constamment cette sensation, ton cerveau s’habitue et tu as besoin de doses de plus en plus fortes pour ressentir le même plaisir. C’est exactement le même mécanisme que pour les drogues dures.
En plus des endorphines, la sérotonine et l’adrénaline jouent aussi un rôle. Quand tu arrêtes brutalement le sport, ton corps entre en manque. Tu te sens anxieux, déprimé, irritable. C’est pour ça que les bigorexiques ne peuvent plus s’arrêter : ils ont besoin de leur « dose » quotidienne pour se sentir normaux.
Ce qui est pervers, c’est que cette addiction se nourrit aussi de la pression sociale et de l’image corporelle. Les influenceurs fitness, les films de super-héros, les réseaux sociaux… tout ça pousse à croire qu’il faut avoir un corps parfait pour réussir dans la vie. Du coup, certaines personnes se mettent une pression de dingue et finissent par développer une dysmorphie musculaire : elles ne se trouvent jamais assez musclées, même quand elles le sont objectivement.
Idées reçues versus réalité
Je l’entends souvent : « Mais le sport, c’est bon pour la santé, on peut pas devenir accro ! » Alors oui, le sport est globalement bénéfique, mais tout est une question de mesure. Si tu te blesses régulièrement, si tu négliges ta vie sociale, si tu pètes un câble quand tu rates une séance, c’est pas sain.
Autre cliché : « Ça touche surtout les bodybuilders. » Faux. La bigorexie touche aussi les coureurs, les adeptes du crossfit, les cyclistes, les nageurs… Tous les sports d’endurance ou de performance peuvent être concernés. J’ai même vu des profs de sport tomber dedans.
Et non, ce n’est pas juste une question de volonté. Arrêter n’est pas simple, parce que le corps et le cerveau sont réellement dépendants. C’est pour ça qu’il faut un accompagnement médical et psychologique adapté.
Que faire quand on est concerné ou inquiet pour quelqu’un
Si tu te reconnais dans ce que je décris, ou si tu t’inquiètes pour un proche, voici quelques pistes concrètes :
- Pose-toi les bonnes questions : est-ce que ma pratique sportive m’empêche de vivre normalement ? Est-ce que j’ai peur de prendre un jour de repos ? Est-ce que je m’entraîne même blessé ?
- Parles-en à ton médecin traitant : il pourra t’orienter vers un addictologue, un psychologue ou un psychiatre spécialisé.
- Réduis progressivement : l’objectif n’est pas d’arrêter complètement le sport, mais de retrouver un équilibre. Perdre du poids sainement par mois ou ajuster ton rapport au corps doit se faire sans brutalité.
- Trouve d’autres sources de plaisir : cinéma, musique, amis, famille… Réapprends à kiffer autre chose que le sport.
- Consulte un spécialiste en TCC (thérapies cognitivo-comportementales) : c’est le traitement de référence pour la bigorexie.
Pour les proches : n’accusez pas, écoutez. Ne dites pas « t’es accro, arrête ». Dites plutôt « je suis inquiet pour toi, je vois que tu souffres ». Proposez d’accompagner la personne chez un professionnel.
Ce que je retiens après toutes ces années
La bigorexie, c’est une addiction sournoise parce qu’elle se déguise en mode de vie healthy. Mais quand le plaisir devient une obligation, quand ton corps te supplie de ralentir et que tu continues quand même, c’est plus du sport, c’est de l’autodestruction.
Ce qui me donne de l’espoir, c’est que c’est réversible. Avec un bon suivi, du soutien et un vrai travail sur soi, on peut retrouver un rapport apaisé au sport et au corps. J’ai vu des gens s’en sortir, reprendre leur vie en main, renouer avec leurs proches. Ça prend du temps, mais c’est possible.
Si tu te poses des questions sur des compléments comme Nutrilim 24 ou sur ta relation au corps en général, sache qu’il existe des ressources et des pros pour t’aider. T’es pas seul.
Cet article est à visée informative. En cas de doute, de malaise ou de souffrance, consulte un professionnel de santé ou un centre d’accompagnement spécialisé en addictologie.